Atelier Terre à terre

18 mars 2011

 

Sculpture, peinture, écriture, céramique, Afrique, photos, fleurs, nature, amour de la Terre, voyages, femmes de ma vie, dans cette énumération à la Prévert, il y a beaucoup de moi. Histoire de voir, cliquez à droite, cliquez à gauche…






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C'est le printemps, y'a du nouveau, entre jardin et chaumière.

 

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20 décembre 2008

 

Yeah!!! Man,

 

 

Pour Antoine, musicien et fan de raggea, la belle tête expressive (enfin j'espère) de Bob.

 

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Mais j'ai aussi (un peu ) travaillé. La preuve (qui va bientôt cuire et donc changer de couleur).

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IMG_1600IMG_1639IMG_1599 Pour cet homme de la tribu des omos, j'ai brodé aux petits points une parure de vraies feuilles de ginkgo biloba.

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UN HOMME A LA MER ET AUTRES HUMAINS…

Là, je me suis amusée à modeler des expressions humaines : joie, angoisse, méchanceté (en regardant bien cette vieille sorcière particulièrement revêche, vous pourrez reconnaître une rédactrice en chef que j'ai bien connue, car tout le monde sait que le diable fait du macramé!!).

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08 novembre 2008



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04 juin 2008


NINA SIMONE CHANTE LE BLUES

Ola, c'est enfin elle. Le jour où Nina a recommencé à chanter!!!

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05 avril 2008

Un chanson douce




JUNGLE EN FOLIE

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UNE CHANSON DOUCE

La pendule bat le cœur des secondes,
Dans le lit, lui ronronne encore douillet,
Fatou3_OK_copieLa maison est calme, d’un bonheur tranquille
Paisiblement, je me sens moi.
Tranquillement, j’écris
Je laisse couler de moi
Le flot des émotions et des secrets
La rivière et sa vie se répandent dans mon appartement.
Les rêves de Saint-Louis. Le fleuve Sénégal au bord de ma maison. Le soleil de mon enfance. Ils sont là : les petits enfants, pêcheurs de capitaines, les femmes superbes et souveraines. Ils sont là.
Ils peuplent tous mon appartement, si loin, si près de Saint-Louis.
J’ai encore envie de vous sentir.
Tous ceux que j’ai aimés.
Toi, inconnue de ma mémoire, qui m’a appris à rire, à chanter, j’ai envie de te dire merci pour  tout ce que tu m’as donné sans le savoir. Le bonheur sacré d’exister
Et de sentir sa vie au plus profond de soi, comme une source d’abondance et de joie. Merci à vous qui m’avez sauvée d’un naufrage entre l’Océan et le fleuve. Vous êtes tous là à tout jamais dans mon cœur pour la vie. Femmes de ma vie, femmes de mon enfance, Fatou Touré de  mes baisers, votre peau a pour moi le goût sucré des gâteaux de lait et de miel.



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FEMMES NDEBELE

Lors de mon voyage en Afrique du Sud, je suis allée dans le Transval, région où vivent encore (pour combien de temps?) les Ndebele.  Là, les  femmes peignent  leurs maisons, les murs du village, tout ce qui les entourent de magnifiques motifs géométriques de toutes les couleurs, avec de la boue qu'elles colorent à partir de pigments naturels. Le résultat est ahurissant de beauté, d'invention et d'équilibre. Les vêtements qu'elles portent sont à l'image de leur créativité : des colliers, des tabliers de perles tissées, qui reprennent les dessins traditionnels très graphiques, des étoffes  colorées, des couvertures jetées sur les épaules, des bracelets en cuivre passés aux bras et aux jambes…

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Ces femmes qui luttent pour que perdure leur culture, m'ont touchée et j'ai voulu les représenter à mon tour : la sculpture n'est pas terminée (il manque la couleur que je ferai à partir d'engobes), mais  j'avais envie de garder les traces de son apparition.


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LA PETITE DERNIÈRE

Elle est arrivée juste avant les fêtes. Elle n'est pas encore totalement finie (les pieds et les mains laissent à désirer…) Mais j'aime bien sa pose, sa tête penchée, rêveuse, et la finesse de ses épaules.
Je l'ai fait tout exprès pour mon amie Roberte la Guerrière : à 80 ans (fin mars), elle vient de triompher d'une opération à cœur ouvert et de deux pontages. Une vraie guerrière, je vous dit. On va pouvoir bientôt parler à nouveau popotte : “Et vous, comment vous faites pour obtenir cette jolie couleur miel sur ce saladier (c'est une excellente potière!). Et les éléphants? Ils ont l'air si vieux et si puissants avec leur peau toute frippée qu'on dirait qu'elle a trop servie.” Elle m'en a offert un, Joe l'éléphant. Superbe et généreux, comme elle.
Roberte, elle aime la vie et la vie le lui rend bien…

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CHANTIER EN COURS

À partir d'un bloc de terre, des personnages émergent peu à peu. Parfois, je modèle selon une idée précise et je mène cette aventure selon mon propre désir. D'autres fois, le hasard, l'imagination s'emparent des rênes pour suivre les chemins de traverse : alors, des créatures

inconnues apparaissent, réminiscences de personnes entrevues ou aimées, récemment ou il y a longtemps. À mon insu.

Avec les trois photos suivantes, j'ai voulu retracer ce cheminement secret, mêlant matière et rêve.

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Fat_1 Fat_MamaEn modelant cette "Fat Woman”, j'étais hantée par ces femmes pythies de l'époque mégalithique, qui offraient à la communauté humaine leurs visions prophétiques. Pour mieux vivre le présent. Mais une fois, la création achevée, je me suis aperçue qu'elle représentait aussi ma petite tante espagnole qui m'avait élevée dans ma petite enfance. Télescopage de la mémoire…


LA TANTINA DE BURGOS

Ma tantina, ma petite tante, était grosse, très très grosse. Toute gonflée d’amour. Un bouddha étalant joyeusement ses plis et ses replis. Quand je grimpais sur ses genoux, j’aimais sentir la chaleur de son corps énorme, de ses seins généreux, de sa peau blanche, très pâle qui sentait bon la rose poudrée. Quand elle riait aux éclats, tout son corps s’agitait, tressautait au rythme de son ventre. Et tout le tremblement de son humeur joyeuse se transmettait au mien : j’étais secouée par cette vague rieuse. Pendant longtemps, j’ai profité de ses embrassades fortes comme une mer dans lesquelles je me baignais de tout mon saoul ! Puis, la tantina a décidé de nous quitter, ma famille et moi. «Un petit chez soi vaut mieux qu’un grand chez les autres, disait-elle.» Fini ses histoires interminables qu’elle me racontait une fois assise sur ses genoux, fini les chansons espagnoles qu’elle me chantait de sa belle voix de soprano. En même temps que je quittais l’Afrique, mon autre amour, elle me quittait aussi. Est-ce que j’allais mourir ? Une fois la Méditerranée traversée, l’acclimatation à un nouveau pays, la France, entamée, j’allais connaître une nouvelle facette de son amour tonitruant : les petits plats qu’elle ne confectionnerait que pour moi, envers et contre moi.
Ainsi, chaque dimanche se créa un nouveau cérémonial. Nous quittions Roissy, vers 11 heures, traversions tout Paris par les quais –, je guettais le moment d’apercevoir la statue du Trocadéro car je savais que l’heure approchait où je la reverrais bientôt.
Une fois arrivés à Clamart, nous grimpions tout en haut d’une tour qui me semblait le haut du monde. Et, là, elle ouvrait la porte.
Je garde toujours en moi la sensation physique de sa présence, le son de sa voix m’est resté à jamais accroché aux oreilles : elle m’ouvrait les bras et poussait de hauts cris comme si nous ne nous étions pas vus depuis trois éternités. J’étais fascinée par ce moment éternellement recommencé : celui où la porte s’ouvrait et qu’elle nous voyait pour la première fois. Alors comme quand j’étais petite, je me relaissais faire : j’étais à nouveau emportée par son élan, son amour me transportait. Après les embrassades traditionnelles, elle m’entraînait dans sa cuisine microscopique où croulaient toutes les douceurs sucrées et salées de la l’Afrique et d’Andalousie réunies : les cokas croustillantes au goût de la pomme d’or, farcies d’olives et d’un filet d’anchois, le pain levé, sucré au lard, les mounas avec leur écorce de sucre craquante et le dominical haricot de mouton, mitonné plusieurs jours à l’avance et qui laissait exploser ses parfums d’harissa et d’aromates mystérieuses à mes narines d’enfant.
Chaque dimanche, ce repas pantagruélique, fait d’amour, de lenteur et de temps se reproduisait, inlassable, dans ses moindres détails. Et invariablement, la vue de tant de choses à engloutir me brouillait l’estomac. Je me sentais déjà lourde, comme embourbée par les aliments. Sans les avoir mangés, j’avais déjà envie de vomir : la nourriture et la cuisine me dégoûtaient. Jusqu’à l’âge de mes 10 ans, je n’ai qu’à peine mangé. J’ai vivoté, maigre comme un chat de gouttière, toutes griffes dehors, méchante comme la gale. La tantina avait beau construire ses magnifiques édifices de gâteaux au miel, aux amandes, à la figue ou à la pistache, sentant bon la fleur d’oranger. J’étais intraitable, fermée. En boucle.
Le temps passant, mon obstination s’estompait comme le souvenir de l’Afrique. La tantina vieillissait. Elle aussi se lassait. Un jour, maman m’a emmenée à l’hôpital. La tantina était allongée, tout rose et toute ronde comme à son habitude, dans le lit. En me voyant, elle a pleuré. J’allais sur mes 11 ans. En quittant l’hôpital, j’ai réclamé un petit pain au chocolat…
Depuis, je mange bien, peut-être même un peu trop. Mais le goût de son amour m’est resté dans la bouche, sans jamais être retrouvé.

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